Conduites addictives

« Il faudrait que j’arrête mais c’est plus fort que moi… »

Le terme « addiction » renvoie a une forme moderne de souffrance.

Liées à une société favorisant la recherche  de satisfaction immédiate par l’appel incessant à la consommation, les addictions, avec ou sans drogues, poussent en quelque sorte cette logique à l’excès parfois jusqu’à l’absurde, parfois jusqu’à la mort !

Les conduites addictives prennent presque toujours racine à l’adolescence, moment de la reviviscence des émotions de l’enfance. A cet âge, de transformation pubertaire et de nécessités contradictoires de séparation et d’appartenance, ces conduites à risques, qui pour certains deviendront addictives, peuvent se comprendre, comme un rite initiatique de passage au statut d’adulte ; « acte de passage plus que passage à l’acte »[1] , le recours à ces conduites est avant tout une tentative plus ou moins réussie d’acquérir une identité, de se forger une meilleure estime de soi, un sentiment d’appartenance à un groupe partageant les mêmes valeurs… un essai d’amélioration du présent, d’apaisement des émotions, de compromis face aux exigences internes contradictoires.

Que ce soit consommation d’alcool, de cannabis, ou usage immodéré de jeux en réseaux, il s’agit toujours, à la base, d’une recherche de mieux-être. Mais cette recherche, pour certain, avec le temps et la répétition, va se transformer en piège aliénant et destructeur. Comme une histoire d’amour qui tournerait mal…

Changer, se libérer d’une telle dépendance, demande notamment de trouver en soi le courage d’être libre, d’oser s’affronter au « risque absolu » de la liberté ; mais il est parfois nécessaire d’être accompagné un moment pour retrouver la confiance en soi pour prendre cet envol de façon constructive. C’est la fonction des psychothérapies.

[1] David Le Breton